Mazout fait place nette.
Mazout donne libre-court à tous les états mentaux qui divaguent.
Mazout vote pour le nomadisme guerrier et l’invisible avenir.
Mazout est cruel dans sa bonté.
Mazout c’est le partage des corps, des courts-circuits, des mythes dansants, des transes, des dérangements, des magies, des épousailles de bonds, des combustions, des formes neuves, des sources fortes, des évasions, des densités, des craquements de merveilleux, des insistances de libertés, des combats et des musiques et des éruptions - des joies.
Mazout fait recette.
Mazout est lié à l’amour, aux tumultes dans la paix, aux boiteux, aux récidivistes, aux audacieux, aux réfractaires, aux marrons du temps et de la liberté commune.
Mazout sans honte de son expérience.
Mazout partage.
Mazout c’est le rire des armes, s’offrir au soleil, vagabonder dans la ville, rouler avec rage, hurler, porter son poing au hasard, rêver, courir, aimer.
Mazout c’est le clair chatoiement heureux de l’excessif désir.
Mazout c’est l’association libre et le désenchantement léger.
Mazout c’est la bonté de soi, en soi et pour soi, c’est un refuge dans la douceur et une ferveur de vertiges, la lutte humaine et la pierre sociale.
Mazout c’est le devenir artiste de tous et pour tous, irrémédiablement, immédiatement, d’un grand geste ludique et matériel.
Mazout c’est la conversion du poète anesthésié en existence colorée, en royautés intenses, en explosions de paresses, en chairs de luxes.
Mazout c’est le renversement des représentations, c’est la reconquête des déséquilibres chancelants, ce sont les mêlées incroyables, c’est le labeur léger de l’oisiveté.
Mazout est organisé.
Mazout c’est la lutte sociale effective, sans attendre, sans permission, sans hiérarchie.
Mazout c’est un vieil océan de révoltes, de fraternités, de créations.
Sans Mazout tu n’as aucune chance.
Mazout se place aux hasards des langues - et nous les emmailloterons d’innocences, de désirs, de nécessités froides et de gueules troublantes.
Mazout prolongera les saisons de l’éclair entre-aperçu. Mazout est un refus du point d’arrêt. Mazout est l’ardeur qui condense les concaténations de poétiques, les dépôts d’énergies folles, les souffles-feux, les luisances du mal saisit.
Mazout, le commun cristallisé d'où jaillira un printemps spirituel.
Mazout sera notre grand compensateur, un temps absolument libre.