Nous sommes fatigués, nous sommes formidables petits os, nous sommes obstrués mauvais, nous sommes, sommes empotés, vrais, c'est ici qu'on vérifie nous sommes obscurs, ailleurs, occultes, ailleurs, nous sommes occupés de mondes, nous ne pouvons pas tout faire, penser à tout, rêver de vous !
Rêver de vous... quelle tacle !
Nous pendrons haut et court les mots à leurs mensonges, à leurs sceaux grisâtres, oppressants, à leurs pesanteurs, à leur misère et d’abord à leur enlisement, à leur vertige, à leur toc. Nous donnerons tort aux rapports marchands, à la tristesse comptable. Nous tiendrons pour acquis la puissance d’être ensemble et nous briserons les puissances de l’imbécillité assignée. A nous, beautés de Lautréamont Ô mathématiques sévères, je ne vous ai pas oubliées !
Hourra pour ce qui accouche dans nos bouches, d’ivresses, gosiers du vide, langues incertaines, dégoûtées, décimées, déchiquetées, âpres et nues, vaporeuses, sublimes, rouges, violacées ou brûlantes, et j’en passe, sensuelles, roulantes, trouées qui accourent, s’accumulent et multiplient à chaque instant, et se nouent en nous en un vaste brouet de chœurs. Et même si nous avons de plus en plus mal, et même si l’époque n’est plus aux révolutions mais à la tristesse de l’isolement organisé, et même si nous sommes forcés d’admettre que les conditions ne sont pas réunies pour dégonder les portes du mouroir, nous prendrons les hommes comme ils sont. Et les hommes sont..., je mise sur l’inépuisable possibilité d’énonciations et de puissances subvertrices.
Brûlez la langue du maître, des maîtres, des quartiers-maîtres, des seuls maîtres à bord après Dieu.. Il n’y a rien là d’incarner, rien du monde à voir.
Nous saisirons les soupirs du matin, les éclats de rire, les bleues enfantins. Les renaissances, les champs de ruines ou les tours de forces, les impensés, les instants de satin dans l’œil des cyclones, le retour des puissances fatales et vocales : voici ce dont nous ne voulons plus nous dessaisir calmement. c'que nous cherchons éemmêlé de gravité. TournE ailleurs de la bouche endéfoncée nous découpe la lan angue cherchà en saisir l’étrangle et à la d'més saisir mère (mais c'est une autre histoire.
Bestiaire buté d’une enfance leurrée.
Je dis « le corps inconscient chie le rythme sonore de rivière ».
Nous savons que le temps fuit et que toutes les dimensions humaines se meurent, nous savons que l’homme séjourne mal l'angoisse séparé de lui-même sur l’autel du travail et meurt, que l’homme à l’avenir fixe-gluant traîne sa mort, et se meurt, meurt. Le morne contemporain impose son glas. Meurt. Le Soleil vert d’Ubu roi merdre managériale ad nauseam tue intensément. Meurt. Toutes les créatures, toutes les créatures fantastiques toutes les créatures toutes les bêtes dépérissent, s’étiolent, agonisent, meurent. Les cadavres pullulent. Lautréamont, Vieil océan, tes eaux sont amères… Comment !? Vieil océan tu es si puissant.
Vieil océan dont les jardins fleuris vacillent et crachent nos enfants si peu sages.
Qu’un déluge d’impuissances tenaces envahisse la terre et la ravage de sangs chauds et de rages ! Que les thuriféraires de l’époque s’introjectent la mort et nos flots de terreurs les embaumeront ! Puis j'enfoncerai un poème, un seul, dans leur bouche consensuelle et grandiose. La beauté s’épanouira en cet instant – comme la manifestation ultime et cadavérique de mon amour éclatant.
Je n’espère pas un autre sort, puisque je vais en avant de cet acte, le déchire d’un geste qui l'établit, puisque je le crée.
La répétition d’autrui est ta mort.
Je dis : « le corps immense des herbes pousse » :
Résistances ? Dépouillement ? Désistement ?
Sortie de secours ?
On rejoue la haine ?
Nous pouvons désormais nous reprendre. Nous sommes, sommes asphyxies.
Corps abysses fabuleux, corps ici.