#3 Soulèvements

Écarts - passages - départs - creux - entre - soulèvements

Pour extirper ample et contraster l'univers.

. Comme s'échappe pour s'échapper le brut blet des saules.

. Comme combattent les épouses du rêve : par paliers incandescents.

 

Meuler le miel tendre avec un cæur violent. Se dépétrer dans le prix du ticket de métro, de la grève, du soulèvement. À toute vapeur les bouts d'ficelles les cancres ! Je flotte abrupte, fleuves à quoi bon quand ? Nous : Salauds ! Ça déferle ! Ça s'défile ! Se soulève ! Défenestrés. Ça s'dépètre fret et fêtes. Du Métal bric-à-brac. Foraine cranien, ça s'éfongue à n'plus rien omprendre.

 

Glissent les passages les soulèvements aux parages rongés, aux mains inconnues, aux duvets de cactus

- exténués extérieurs -

(notre bief sans borne)

à quelques distances inconscientes affleurent nos ports : Cap Horn - Équateur avec leurs velours aux næuds.

Nous les otages qui sonnons le toscsin pour un masque de soleil cambré : nous sommes le passage. 

 

Tout donne sens, tout, sommes : fous rires, lianes, rages fouettant, peaux foisonnant de cultes impossibles, crachas et hallalis, chimies des espaces vierges, ex abrupto dans la terre.

 

Bouges et remous : passages de l'enclume du combat sur l'amour.

 

Et puis, barrage des scies, chienlits, passages des crinières hallés laissées libres, libre cours aux troubles, aux grandes apressions incompréshentes des râles, résonances des l'en-tre-tois, cuirs, craquages des morts et roses de boue, casques sous l'emporte-pièce de l'agrétion ci-gît et de l'idylle hornée, ecchymoses de sorties, gra gra gra piquant, langue de pithécanthropes.

 

Les hautes épiphanies de l'angagees. 

- ces manières dont le monde nous affecte.

 

 

Mazout
Plomb 1 1
Mazout

Je ne cherche pas à convaincre mais à bleuir les rêves, les solfèges, à rouir c'est une vache bouche ouverte les utopies passent, à renouer avec les hauteurs et les tréfonds du désir, à retrouver consistance – ma tarte à la crème –

J'affronterai les ombres au moment où baisser ma garde l'exige, j'enflammerai mes cris et mes gouffres noirs – ma folie des grandeurs –

Je dis : les bêtes hurlantes sont notre sang conscient :

Je le dis car je me contre-fiche de la pureté, de toute élévation, j’ai crevé mes rapports avec le lointain pour le devenir brutal et sonore de la pierre. Les grands soirs d’orage quand se défait l’angoisse : sonne ! Sonne ! Mon amour dans l’athanor : la forte odeur de mon enfance - ma nuit -

 

Il faut dominer la puanteur de nos bouches – le coup-de-bambous  le supplice des mots condensés, maniaques, aigris, blasés : métonymies d’une époque de dévastations, – et qui sans cesse imbibent nos lèvres, serrent nos langues, rongent nos nerfs, brisent les têtes – le triste mouroir de nos têtes ! Nos têtes extérieures faites de trous, nos têtes intérieures faites de mous, nos têtes vides au corps-véreux de déchets, nos têtes déjà-mortes-déjà-vidées, nos têtes isolats dans le grand trou qui dégouline en un creux cerveau déféquant d’où s’écoule la poussière immonde, insondable de cette époque. Cette époque. Nous assistons à l’engloutissement de la présence humaine en onctueux dégoûts – d'où pisse l'utile froid de toute sa hauteur.

 

Béances et Limites   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

        

Gribouille 8

Un moment d'égarement

 

Un moment d'égarement dans une société de dévastations n'est pas un moment d'égarement mais un adieu.

Partout les purulescences, les contaminations de spectacles, les aimantations de faussetés, partout le dehors qui n'en est plus un... Partons ! Fuyons ! Partons aux pays poivrés et détrempés etc.

Détrempés ! - etc.

 

Un rêve... 

Partout le consentement au pire. Partout le choc de nos pertes. Partout leurs croûtes prolongées sur la langue. 

Parce que nous refusons l’assignation au brise-tête, au cynisme tournoyant, - du fond moite de cette société nous opposons la destruction pour le monde qui va. Nous brûlons de soif ! Nos liens politiques ne sont pas aliénés de gracieusetés, ne sont pas civilisés, éduqués, ne sont pas apaisés, nos rapports sociaux ne sont pas de fraternité avec les empoisonneurs, les dominateurs, les dompteurs. Je ne rêve pas de réussites, de mérite – cette vieille putain malade -, de sainte concurrence, ni de pouvoirs, ni de gloire, nous sommes sans jalousie. Nous prônons le grand oui et le grand écrasement. D’ailleurs, par amour, n'avais-je pas invoqué l’autonomie, l’indépendance, le faire-maison, le sur-mesure ? Oui, implorons le cynisme du savoir-faire, la veulerie du savoir-être. Oui, ta tête, coupe-là toi-même !

Nous, asphyxie

 

Nous sommes fatigués, nous sommes formidables petits os, nous sommes obstrués mauvais, nous sommes, sommes empotés, vrais, c'est ici qu'on vérifie nous sommes obscurs, ailleurs, occultes, ailleurs, nous sommes occupés de mondes, nous ne pouvons pas tout faire, penser à tout, rêver de vous !

 

Rêver de vous... quelle tacle ce serait !

Nous pendrons les mots à leurs mensonges, à leur grisaille obstinée, à leurs pesanteurs, à leur misère et d’abord à leur enlisement, à leur vertige, à leur toc. Nous donnerons tort aux rapports marchands, à la tristesse comptable. Nous tiendrons pour acquis la joie d'être ensemble et nous briserons les puissances de l’imbécillité assignée. À nous, beautés de Lautréamont Ô mathématiques sévères, je ne vous ai pas oubliées !

Hourra ! pour ce qui accouche dans nos bouches, d’ivresses, de gosiers vides, langues incertaines, dégoûtées, décimées, déchiquetées, âpres et nues, vaporeuses, sublimes, rouges, violacées ou brûlantes, et j’en passe, sensuelles, roulantes, trouées qui accourent, s’accumulent et multiplient à chaque instant, et se nouent en nous en un vaste brouet de chœurs. Et même si nous avons de plus en plus mal, et même si l’époque n’est plus aux révolutions mais à la tristesse de l’isolement organisé, et même si nous sommes forcés d’admettre que les conditions ne sont pas réunies pour dégonder les portes du mouroir, nous prendrons les hommes comme ils sont. Et les hommes sont..., O vieille ambiguité,  je mise sur l’inépuisable possibilité d’énonciations et de poussées subversives de l'homme.

 

Brûlez la langue des maîtres, des contre-maîtres, des quartiers-maîtres, des seuls-maîtres-à-bord-après-Dieu... Il n’y a rien là d’incarner, rien du monde à voir. 

 

Nous saisirons les soupirs du matin, les éclats de rire, les bleues enfantins. Les renaissances, les champs de ruines et les tours de forces, les impensés, les instants de satin dans l’œil des cyclones, le retour des puissances fatales et vocales : voici ce dont nous ne voulons plus nous dessaisir calmement. c'que nous cherchons éemmêlé de gravité pour le dérilangue dangage des danseux dansangue aux langanses exorbi langanse délangue déli délidanse les crabages de neurons tournE ailleurs la bouche endéfoncée sans découpé nous enla lan angue qu'cherchà en saisir l’étrangle et à la d'més saisir mère (mais ceci est une autre histoire. 

Bestiaire buté d’une enfance leurrée.

 

Je dis : le corps inconscient chie le rythme sonore de rivière.

Nous savons que le temps fuit et que toutes les dimensions humaines se meurent, nous savons que l’homme séjourne mal, séparé de lui-même et meurt, que l’homme fixé à l’avenir gluant traîne sa mort, et se meurt, meurt. Le morne contemporain impose son glas. Meurt. Le Soleil vert d’Ubu roi, la merdre managériale, l'ad nauseam tuent. Intensément. Meurent toutes les créatures, toutes les créatures fantastiques toutes les créatures toutes les bêtes dépérissent, s’étiolent, agonisent, meurent. Les cadavres pullulent. Lautréamont, Vieil océan, tes eaux sont amères… Comment !? Vieil océan tu es si puissant.

Vieil océan où les jardins vacillent, où crachent les enfants. 

 

Qu’un déluge d’impuissances tenaces envahisse la terre et la ravage de sangs chauds et de rages ! Que les thuriféraires de l’époque s’introjectent la mort et nos flots de terreurs les embaumeront ! Puis j'enfoncerai un poème, un seul, dans leur bouche sensuelle et grandiose. La beauté s’épanouira en cet instant – comme la manifestation ultime et cadavérique de mon amour éclatant.

 

Je n’espère pas un autre sort, puisque je vais en avant de cet acte, le déchire d’un geste qui l'établit, puisque je le crée.

 

La répétition d’autrui est ta mort.

Je dis : le corps immense des herbes pousse :

 

Résistances ? Dépouillement ? Désistement ?

Roulages de mécaniques ?

Sortie de secours ?

On rejoue la haine ? 

Nous pouvons désormais nous reprendre. Nous sommes, sommes asphyxies.

Corps abysses fabuleux, corps ici.

Contributions :

 

Nicolas Fraigniaud :  Sous, Je ne cherche pas à convaincre [...], Béances et Limites, Un moment d'égarement, Nous, asphyxie.

Ariane Muller : Béances et Limites

 

Date de dernière mise à jour : 28/07/2026